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Colby Brown : raconter les récits qui comptent le plus

Colby Brown : raconter les récits qui comptent le plus

Colby Brown : raconter les récits qui comptent le plus

L’artiste de Sony, Colby Brown, est un photographe établi à Boulder, au Colorado, et un éducateur qui adore voyager autour du monde et qui a un public dévoué de plus de 3,6 millions d’adeptes sur les médias sociaux. Alpha Universe a eu la chance de rencontrer M. Brown pour parler de la façon dont il travaille, ce qui le tient motivé, et la façon dont il a combiné ses passions dans The Giving Lens, une organisation qui combine des ateliers de photographie de voyage avec des organisations non gouvernementales qui offrent une aide humanitaire.

Alpha Universe : Comment en êtes-vous venu à vous spécialiser dans la photographie de voyage?

Colby Brown : En fait, j’ai découvert la photographie à cause de mon amour du voyage. J’ai eu la piqûre du voyage et la photographie était une idée qui me permettrait de continuer à voyager. C’était cette idée de voyager, d’obtenir l’excitation de l’inconnu et de me mettre dans des situations où je me sentais hors de mon élément. Voilà où je me sentais le plus à l’aise. Donc, tout était unidirectionnel, il me suffisait de voyager et faire marcher les choses. L’infusion du voyage et de la photographie, bien sûr, a mené à la photographie de voyage. Beaucoup de mes travaux au début, quand je vivais en Asie en 2006, étaient concentrés sur la photographie de voyage. Il s’agissait de photographie de scènes de rue et d’architecture avec des temples en Thaïlande, en plus des photographies de moines, de singes et de toutes sortes de choses. L’éventail de la photographie de voyage est assez vaste, il couvre une large perspective.

Alpha Universe : Comment intégrez-vous d’autres nouveaux intérêts dans votre photographie?

Colby Brown : J’ai toujours voulu essayer d’intégrer des intérêts extérieurs dans les choses que je fais. Par exemple, j’aime la faune et la photographie. Je ne veux pas nécessairement me concentrer sur la faune, mais j’aime la photographier. Quand je suis en Afrique orientale, je veux photographier les lions dans le Serengeti ou des gorilles mâles en Ouganda. J’aime aller photographier ce genre de choses.

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Alpha Universe : Vous semblez avoir une affinité pour le monde naturel qui est visible dans votre travail. Pouvez-vous décrire comment cela se passe?

Colby Brown : Je pense que c’est délibéré et c’est aussi en constante évolution. Par exemple, pour la photographie de paysage, j’ai toujours été attiré par la solitude de la nature. L’idée d’être dans la nature et d’être en connexion avec elle est une expérience très intime. Et c’était-là l’accent principal de la première moitié de ma carrière et probablement même un peu plus. Donc, si vous observez mon travail lors de ces premières années, il n’y avait absolument aucun être humain.

Avec le temps, mes goûts et mes intérêts ont continué d’évoluer et de prendre de nouvelles directions, et j’ai vraiment apprécié l’ajout de l’élément humain dans plus de mes travaux. Je veux photographier des choses qui, selon moi, illustrent bien les endroits dans lesquels je photographie. Le paysage, l’architecture, les gens... tout. Si je vais au Japon, l’ampleur du travail que je veux générer de ce projet, il s’agira d’un mélange de tous les différents aspects qui encapsulent l’idée du Japon, selon moi. Il y aura quelques photos de personnes, de temples, du mouvement et du chaos à Tokyo, et d’un beau cliché qui reflète le mont Fuji. Toutes ces choses mettent en valeur ce qu’il s’agit d’être à ces endroits et c’est quelque chose que j’essaie de faire consciemment.

J’observe beaucoup d’autres photographes de voyage et je sens que leurs intérêts semblent être là où j’étais auparavant; ils ont fait beaucoup d’efforts pour s’assurer qu’il n’y a pas d’éléments humains. Si je ressens de la solitude dans un endroit, et je veux pouvoir l’illustrer dans mon travail. Il y a d’autres moments où je me sens plus connecté à la culture et à ce qui se passe, et c’est ce qui va ressortir dans mon travail. Ou quand je sens que la vie sauvage est une grande partie de l’environnement, c’est cela qui ressort. Tous ces différents éléments sont rassemblés en fonction de ce que je ressens sur le sujet ou le récit général que je cherche à raconter.

Alpha Universe : Est-ce que vous photographiez en pensant à votre public?

Colby Brown : Quand je suis sur le terrain, je pense très rarement de manière consciente à ce que les gens vont aimer dans mon travail. Et pour cette raison, je ne pense pas que je photographie nécessairement pour d’autres personnes. Je photographie ce qui me fait ressentir une connexion en ce moment. Et je photographie d’une manière qui illustre le mieux cette connexion, selon moi. Il s’agit plus de me concentrer sur l’histoire que je suis en train de raconter plutôt que des gens à qui je raconte l’histoire. J’ai bâti mon public, alors maintenant, il s’agit presque d’un cycle autoproducteur parce que je crée des choses que j’aime et qui me réjouissent, et les gens me suivent et sont engagés avec moi et le contenu que je crée à cause de qui je suis et du travail que je fais. Je photographie à ma façon et les gens l’apprécient parce que j’ai pris le temps de bâtir un public qui est réceptif aux choses que j’aime et qui me réjouissent... des choses qui m’attirent.

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Alpha Universe : Il y a une chose assez étonnante au sujet de notre époque. Pensez-vous qu’il n’y a fondamentalement pas de barrières à présenter votre travail?

Colby Brown : Absolument. C’est fantastique! J’adore la dynamique changeante de l’industrie de la photo. Il y a tellement de façons pour les individus pour d’obtenir du public pour leur travail. Je reviens toujours à l’idée de raconter une histoire. Pour moi, c’est la différence entre un instantané et une photographie. J’utilise cette analogie dans certaines discussions que j’ai faites pour Sony. Vous êtes assis là et je vous donne généralement une image de singes des neiges, et je montre ce cliché d’une caméra de téléphone cellulaire à Nagano, au Japon. C’est un cliché que tout le monde avec un téléphone cellulaire peut prendre pour le montrer à sa famille.

Mais la photo suivante que je montre est celle que j’ai prise avec l’appareil photo α6000 de Sony; il s’agit d’un gros plan sur la mère singe des neiges et de son enfant qui sont assis sur le bord d’une source d’eau chaude alors que le temps est froid et neigeux. Et pour moi, il s’agit de raconter une histoire, alors que l’instantané prend un moment dans le temps, la photographie raconte l’histoire. Je voudrais que toutes mes images racontent une histoire, et je dois utiliser mes talents créatifs et ma compréhension de la photographie, de la lumière et de la composition; c’est là que toutes les compétences en post-traitement entrent en jeu et dans un cadre unique pour raconter quelque chose que je considère personnellement être une histoire qui mérite d’être racontée.

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Alpha Universe : Vous placez une grande valeur à l’utilisation de votre appareil photo pour raconter des histoires qui incitent le changement.

Colby Brown : Après mes premières années de voyage autour du monde, il est devenu très vite évident qu’il y a... Je ne veux pas dire des injustices, mais seulement des différences et des contrastes entre les cultures. Je voyais une telle disparité entre la vie que j’avais vécue aux États-Unis et la façon dont tout le monde vivait sa vie dans les pays en développement. Et cela m’a attiré. En voyant ce contraste de mes propres yeux les premières années, finalement, il était devenu très évident. Et j’ai donc commencé à faire des petits dons de mon temps à des orphelinats ou des organisations non gouvernementales lorsque je voyageais dans l’Asie du Sud-Est, en donnant un peu de mon temps ici et là. À mesure que j’ai bâti ma marque, j’ai eu plus d’occasions, plus de poids ou de capacité à... je ne veux pas nécessairement dire « invoquer le changement », mais certainement à commencer des dialogues sur les différents défis que doivent affronter la grande majorité des gens sur cette planète. Et c’est ce qui a généré l’idée de The Giving Lens.

Alpha Universe : C’est une organisation très intéressante que vous avez fondée. Comment est-ce qu’elle a commencé?

Colby Brown : L’idée de vouloir faire plus pour redonner aux gens et aider à raconter des histoires qui, selon moi, doivent être dites. Ce désir, tout ce dont nous venons de parler, finalement, a surgi au moment du tremblement de terre qui a frappé Haïti en 2010. J’étais en fait avec ma femme au Guatemala à l’époque, et nous étions hors de contact. Quelques jours après le tremblement de terre quand nous avons repris contact avec le monde, j’ai eu des centaines de courriels de gens qui ont inondé ma boîte de réception en me demandant si j’allais en Haïti. Je me suis dit : « De quoi parlez-vous? »

Au moment où nous sommes revenus aux États-Unis, ce qui se passait était ahurissant. Et cela m’a plongé dans l’idée d’utiliser mes compétences photographiques afin de raconter des histoires qui changent le monde. Donc, j’ai communiqué avec un autre photographe local du Colorado et une femme qui travaillait dans le Corps de la paix en Haïti; nous avons commencé à faire des voyages là-bas et nous avons formé une organisation pour aider Haïti. Depuis quelques années, nous avons fait plusieurs voyages là-bas pour raconter le récit des petites ONG sur le terrain en Haïti qui ont fait un travail phénoménal.

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L’équipe a fini par aller dans des directions différentes, mais je voulais continuer à promouvoir cette idée des photographes qui utilisent leurs compétences pour raconter des histoires, pour défendre les causes et inciter un changement réel là-bas dans le monde. Et tout cela s’est passé en même temps que je participais fortement dans l’éducation photographique. J’avais déjà fait un travail pour National Geographic, qui m’avait embauché pour diriger des voyages d’aventure pour les étudiants des écoles secondaires et des collèges en Équateur. J’avais donc eu cette piqûre qui m’incitait à faire plus d’éducation en photographie, et je voulais aussi redonner aux gens et faire plus de plaidoyers pour des causes différentes partout dans le monde. Et tout cela s’est réuni naturellement. Un jour, ça a simplement cliqué dans ma tête. Je me suis dit tout à coup que l’idée était parfaite. Combinons l’idée d’enseigner aux photographes la façon de s’améliorer tout en utilisant les mêmes compétences que nous utilisons pour instruire les gens dans le but de faire une différence positive dans la vie des gens.

Notre premier voyage principal s’est fait avec Empowerment International, qui avait un programme d’éducation des jeunes intégré avec la photographie et qui était déjà assez établi avant nous. Nous avons pu amener 20 photographes avec nous cette première année. Nous avons fait deux voyages d’affilée. C’était en 2012. L’année dernière, nous avons fait sept voyages avec dix photographes chacun. Nous avons suscité tellement d’intérêt pour ce premier voyage parce que personne d’autre n’en faisait. Et c’est toujours le cas.

Alpha Universe : Personne d’autre ne fait cela? Puisqu’il s’agit d’un travail humanitaire, j’imagine que vous ne seriez pas contre la concurrence.

Colby Brown : Absolument. Il y a des organismes qui font un peu de placement de bénévoles, mais il n’y en a pas qui s’intéressent vraiment à la photographie. Il peut y en avoir un ou deux, mais aucun d’entre eux ne le fait à la même échelle que nous. Nous avons eu quelques autres photographes professionnels qui ont fait leur première incursion dans l’éducation photographique en enseignant pour The Giving Lens, et quelques-uns d’entre eux ont effectivement commencé leurs propres entreprises qui ont des tangentes secondaires qui font des circuits à vocation humanitaire et qui fonctionnent d’une manière très similaire à la nôtre. Ce qui est phénoménal. Plus il y a de gens qui aident, mieux c’est. Ce n’est pas de la concurrence.

L’idée était simplement de fournir un véhicule, de devenir des intermédiaires pour relier les photographes avec des causes importantes et des ONG qui ont besoin d’aide d’une manière qui est durable et significative. Parce que la majeure partie des voyages, même la photographie de voyage, ces jours-ci, est trop superficielle. Nous voulions briser ces frontières. En travaillant avec les gens et les communautés qui sont enracinés avec les familles qu’ils aident, nous pouvons ouvrir des portes que 99,9 % des autres personnes qui voyagent à ces endroits ne connaîtront jamais parce qu’ils ne sont pas invités dans les quartiers pauvres en dehors de Granada, au Nicaragua, pour réellement passer du temps avec les familles et leur parler, voir comment ils vivent, avoir ces moments intimes avec eux, et être en mesure de les photographier et de les documenter.

Nous voyons ces différents types de choses dont la plupart des gens ne font pas l’expérience. C’est un autre élément important de cette activité. Supprimons ces aspects stéréotypés du voyage et de la photographie de voyage, et nous allons éprouver des expériences réelles qui nous permettent aussi simultanément de recueillir un peu d’argent, de défendre des causes, de raconter des histoires, et évidemment, d’aider ces organisations à en faire plus et à recevoir plus de fonds pour répondre à leurs besoins.

Voyez plus de photos de Colby Brown sur sa page d’artiste.

Vous pouvez en savoir plus sur The Giving Lens en cliquant ici.

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