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Un photographe américain au Vietnam

Un photographe américain au Vietnam

Un photographe américain au Vietnam

Quinn Ryan Mattingly vit le rêve de sa vie. Ce photographe éditorial et commercial a quitté la campagne rurale de l’Ohio pour gagner sa vie en tant que photographe expatrié en Asie. La photographie de M. Mattingly est immédiatement engageante. Austère, graphique, intime... Ce sont tous des mots qui peuvent être utilisés pour décrire son style. Maintenant qu’il vit au Vietnam, nous avons communiqué avec M. Mattingly pour en savoir plus sur la façon dont il crée une vie d’une telle richesse dans son pays d’adoption.

Alpha Universe : Quels sont vos antécédents en photographie?

Quinn Ryan Mattingly : Je suis fondamentalement autodidacte. La photographie n’a jamais vraiment été ma quête prévue quand j’étais à l’école secondaire ou à l’université, mais elle l’est devenue après mon déménagement à l’étranger et après avoir commencé à faire beaucoup de voyages vers 2004. J’ai pris mon premier appareil photo reflex mono-objectif numérique et j’ai commencé à capturer les lieux et les visages nouveaux et intéressants que je rencontrais. Au risque de me vanter, je pensais que quelques-unes des images étaient assez bien; d’autres personnes m’en ont dit autant et c’est alors que j’ai commencé à réaliser que j’avais une passion, et peut-être même un talent pour la photographie. Je commençais à passer beaucoup de temps à lire sur la photographie et à chercher autant de travail que je pouvais trouver, la plupart du temps du documentaire et du photojournalisme à cette époque; puis, essentiellement, je me suis plongé dans cette passion à partir de ce moment-là! En 2008, je travaillais encore comme professeur d’anglais, mais je savais que la photographie était ce que je voulais faire; finalement, j’ai fait le plongeon pour devenir un artiste affamé sans emploi et je me suis concentré uniquement sur l’obtention de travail et la création d’une carrière. J’ai eu un emploi de salarié dans un magazine local de langue anglaise à Saigon en 2009 : cela m’a vraiment aidé à me construire un réseau et un portfolio, et j’ai commencé à gagner ma vie uniquement avec mon appareil photo.

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Alpha Universe : Combien de temps avez-vous passé au Vietnam?

Quinn Ryan Mattingly : Je dis toujours assez longtemps pour me rendre un peu fou! Je suis un Américain de l’Ohio rural et j’ai seulement 36 ans! Je vis ici à peu près à temps plein depuis 2007 : ça fait donc presque 10 ans. Je ne sais pas exactement comment c’est arrivé, ça n’a jamais vraiment été mon intention, mais c’est un endroit assez agréable pour y vivre et y travailler! En général, les gens sont fantastiques, la nourriture est délicieuse, les bières ne coûtent pas cher, et il y a une telle variété de paysages à visiter et à photographier.

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Alpha Universe : Votre photographie semble couvrir une large plage allant du photojournalisme au récit de voyage. Comment vous décririez-vous en tant que photographe?

Quinn Ryan Mattingly : La première moitié de mon travail professionnel est généralement de nature éditoriale, tandis que l’autre moitié est commerciale; mon travail personnel se divise à peu près également entre le documentaire et le voyage, si vous voyez ce que je veux dire! Je prends des mandats pour des clients comme The Washington Post, le New York Times, le Paris Match et diverses autres publications régionales et internationales, mais je fais aussi une bonne quantité de travail commercial pour des clients locaux ou à l’étranger ayant des activités au Vietnam. Il peut s’agir de tout : de la mode ou des usines d’aliments, parfois même tout ça dans la même semaine! J’ai fait aussi beaucoup de travail pour des ONG, et j’ai vraiment du plaisir à travailler avec des gens qui aident les gens. Ce genre de projets aident à payer les factures, mais ce que j’aime le plus ce sont les projets de documentaires à long terme sur des sujets qui m’intéressent, comme les récits des peuples marginalisés du Vietnam ou de la région. Je travaille là-dessus chaque fois que j’en ai le temps, et aussi tout simplement pour profiter d’un voyage vers de nouveaux endroits au Vietnam ou dans la région en essayant de produire quelques belles images de voyage.

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Alpha Universe : Dans vos images, il est clair que vous pouvez vous connecter réellement avec les gens que vous photographiez. Pouvez-vous décrire comment vous y arrivez?

Quinn Ryan Mattingly : Pour moi, il s’agit de l’une des parties les plus importantes de la photographie, de la capture d’images et de la raison d’être du photographe. Pour que les images puissent me parler, elles ont besoin d’un élément humain, et pour créer des images qui sont significatives non seulement pour moi, mais pour les spectateurs en général, je pense qu’il est très important de comprendre la condition humaine et les gens que vous voulez photographier. C’est vraiment un honneur et un privilège d’être autorisé à photographier quelqu’un, qu’il s’agisse de prendre son portrait, ou d’être invité à entrer dans sa maison ou à capturer quelque chose d’aussi sensible que des funérailles. Vous devez vous assurer qu’ils vous font confiance et qu’ils sont à l’aise avec votre présence, tout en essayant de vous fondre dans l’arrière-plan. Au Vietnam, j’ai trouvé un des « billets magiques » pour obtenir l’accès pour ainsi dire : il s’agit d’abord et avant tout de sourire un peu, mais aussi de connaître un peu la langue, même s’il s’agit simplement de dire « bonjour » ou « comment allez-vous? ». Les étrangers dans le pays, la ville, sans parler d’un petit village de campagne, ont tendance à arriver comme un chien dans un jeu de quilles! J’ai découvert qu’en sachant dire quelques mots et en posant quelques questions, ils pensent que c’est la chose la plus géniale du monde, et les portes s’ouvrent donc immédiatement. De là, il s’agit simplement d’observer et d’attendre que les scènes et les émotions que vous souhaitez capturer surviennent et boum! : vous avez quelques belles photos dans le sac!

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Alpha Universe : Depuis combien de temps prenez-vous des photos avec des appareils photo de Sony?

Quinn Ryan Mattingly : Pour une utilisation à plein temps, il y a environ 6 mois, mais j’utilisais un appareil photo α7 de Sony comme caméra de voyage et un second appareil pendant environ un an avant cela, quand j’utilisais encore un 5D MkIII de Canon.

Alpha Universe : Qu’est-ce qui vous a poussé vers cette transition?

Quinn Ryan Mattingly : Dans les termes les plus simples au début, il s’agissait de la taille, du poids, de la qualité et de la flexibilité que le système proposait. Je travaillais seulement avec l’appareil photo 5D de Canon au début de ma carrière professionnelle, puisqu’il s’agissait essentiellement de la norme à l’époque et parce qu’il était disponible. Oui, ce sont d’excellents appareils photo et objectifs, et je le crois toujours, mais par moments, ça me fatigue de porter un sac à dos lourd et d’avoir le dos couvert de sueur tout le temps! Dès que le premier appareil photo α7 a été lancé, sa forme et sa capacité plein cadre, même avec les options d’objectifs natifs assez limitées à l’époque, m’ont vraiment intrigué.

J’ai d’abord échangé mon 5D MkII de Canon pour un α7 de Sony, simplement pour l’utiliser comme un appareil photo de voyage personnel, et comme appareil de sauvegarde plus petit dans ma sacoche pour le 5D MkIII, que j’utilisais comme mon appareil principal. Je commençais à avoir tellement de plaisir avec l’appareil en utilisant les objectifs manuels et anciens, que je me suis demandé si je pouvais l’utiliser à temps plein.

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C’est vraiment lorsque l’α7R II a été lancé que j’ai été époustouflé, avec le reste du monde de la photo, par ce que Sony avait intégré dans un si petit appareil. J’ai adoré les mégapixels élevés, mais je ne crois pas que ce seul facteur aurait été suffisant pour m’influencer. C’était la combinaison des mégapixels, du 4K, du stabilisateur, de la haute capacité ISO, des 400 zones de focalisation et de toutes les autres caractéristiques de l’appareil photo qui m’ont finalement donné envie de faire la transition.

Je passais beaucoup de temps en ligne à chercher et à lire les critiques, et dès que je me suis senti convaincu qu’il s’agissait vraiment de ce que je voulais, j’en ai loué un pour la fin de semaine et j’en ai fait l’essai. Bien sûr, j’ai été impressionné, et moins d’une semaine plus tard, mon équipement Canon était à vendre et se trouvait un nouveau propriétaire. Je pris cet argent et j’ai couru directement à la boutique, où, après un peu de crainte qu’il n’y en avait plus en stock, j’ai trouvé le dernier appareil de la ville! J’ai eu de la chance, car j’avais un travail qui commençait quelques jours plus tard! Toute la journée, j’ai fait une séance de photos avant mariage autour de la ville avec cet appareil et j’avais peine à croire à quel point j’étais beaucoup moins fatigué à la fin de la journée, simplement en diminuant le poids du matériel que je trimballais. J’étais vraiment heureux!

Alpha Universe : Qu’est-ce qu’il y a dans votre sac lorsque vous partez prendre des photos?

Quinn Ryan Mattingly : Principalement, j’utilise un α7R II de Sony, mais je viens aussi de me procurer un α7 II comme appareil photo de sauvegarde et secondaire. J’ai toujours mon α7 d’origine aussi. Pour les objectifs, j’utilise le Sonnar T* FE 55 mm f/1.8 ZA de Sony, le Zeiss Batis 85 mm f/1.8 et le FE 28 mm f/2 de Sony. J’ai l’œil sur les nouveaux objectifs zoom f/2.8 et les objectifs G Master qui viennent d’être annoncés; donc, Sony va probablement recevoir beaucoup plus de mon argent durement gagné bientôt!

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Alpha Universe : Le bon matériel devrait être une extension de la façon dont vous voyez et pensez. Est-ce que la transition de votre appareil a fait une différence à cet égard?

Quinn Ryan Mattingly : Ce qui me vient immédiatement à l’esprit est une photo que j’ai prise la première fin de semaine avec l’appareil photo α7R II, alors que j’en faisais l’essai.

UntitledDes gars réparaient des cordes de bateau sur le trottoir d’un petit village près de la côte au Vietnam. Je me suis arrêté pour les photographier pendant quelques minutes et j’ai remarqué que cette grande corde créait un cadre agréable pour cet homme. Le problème était que j’étais adossé à un mur avec très peu de marge de manœuvre. L’écran rabattable de Sony et la vue en direct m’ont permis de voir parfaitement et de composer la prise de vue sans trop me contorsionner (bien que j’étais déjà dans une position assez difficile). Avec un appareil photo reflex mono-objectif numérique traditionnel pour lequel le viseur est votre principale fenêtre pour la prise de vue, il aurait été presque impossible d’y arriver en raison de l’espace restreint où je devais travailler et en étant presque à la hauteur du sol. C’était là l’un des moments où j’ai commencé à aimer l’écran rabattable, et honnêtement, je l’utilise tout le temps maintenant et je ne sais pas comment j’ai pu vivre sans lui auparavant!

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Alpha Universe : Vos images ont un style très distinct. Que faites-vous en post-traitement par rapport à ce que vous faites avec l’appareil photo?

Quinn Ryan Mattingly : Je pense qu’une partie importante de mon style vient de la façon dont je vois ce qui se passe devant moi, mais aussi de la façon dont je traite le tout après. Bien sûr, le contenu doit déjà être dans le cadre, mais je crois qu’avoir appris à modifier et traiter l’image fait partie intégrante de mon succès. Bien que je puisse travailler dans Lightroom assez rapidement, au besoin, je passe généralement beaucoup de temps sur mes meilleures images à apporter de petits changements dans la lumière et les tons en revoyant plusieurs fois les images, ce qui permet vraiment d’obtenir exactement ce que je recherche.

En général, je ne prépare pas les prises de vue, sauf lorsque cela est nécessaire pour le travail du client, car je préfère capturer des moments réels et sincères à mesure que je les trouve; je pense qu’ils sont beaucoup plus puissants et représentatifs des personnes ou des lieux que j’essaie de montrer au public. Je crois que c’est la raison pour laquelle les traditions du documentaire et du photojournalisme sont les plus proches de ce que je fais.

Alpha Universe : Faites-vous du travail en vidéo?

Quinn Ryan Mattingly : J’ai complété quelques projets vidéo pour des clients, et je les fais toujours quand ils se présentent, mais je suis avant tout un photographe. C’est quelque chose que je veux changer cependant. Un de mes objectifs pour cette année est de faire plus de projets vidéo. Étant donné que j’ai une machine robuste avec le 4K dans l’α7R II de Sony, je veux vraiment voir ce que je peux en tirer. Je suis un peu trop occupé par les photos cette année pour en faire vraiment l’essai, mais j’y arriverai bientôt, très bientôt!

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Vous pouvez suivre Quinn Ryan Mattingly sur son blogue et ses différents réseaux sociaux.  

 

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