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Ce fut presque ma dernière photo…

Ce fut presque ma dernière photo…

Ce fut presque ma dernière photo…

Les photographes peuvent parfois déployer des efforts démesurés pour capturer des images. Il y a environ deux jours, je suis allé presque trop loin!


Gary Hart et moi avions accompagné les participants à notre atelier à l’extrémité nord du Grand Canyon pour prendre des photos du coucher du soleil à Cape Royal. J’ai pris de nombreuses photos de cet endroit incroyable au cours des cinq dernières années. Alors que le soleil commençait à se coucher, j’ai fait mes tournées pour m’assurer que les participants à l’atelier allaient bien et j’ai ensuite décidé de me rendre à un endroit où je ne m’étais encore jamais rendu.

Tout d’abord, j’ai remarqué des fleurs sauvages et j’ai essayé de créer une composition en me plaçant au sol avec les derniers rayons du soleil éclairant les caractéristiques principales du Grand Canyon. Il s’agissait d’une belle image, mais j’ai essayé de trouver quelque chose d’autre.

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Alors que je regardais aux alentours, le soleil couchant est passé derrière des nuages et a éclairé la façade nord du Wotans Throne. J’ai immédiatement réalisé que je souhaitais capturer cette lumière, mais je souhaitais avoir un élément au premier plan. J’ai aperçu un magnifique bosquet (un arbuste), mais il se trouvait à environ 60 cm (2 pi) du bord d’une falaise de 700 m (2 000 pi). La hauteur ne m’a jamais gêné, mais le chemin vers l’arbuste était composé de schiste argileux blanc sur une pente descendante.

J’ai été obligé de prendre une décision rapide avant que la lumière diminue sur le Wotans Throne. Je portais mes nouvelles chaussures d’escalade Merrill et je me suis dit que si j’utilisais mon trépied pour m’aider à marcher et pour m’appuyer sur le pan de la colline, je pourrais ainsi descendre lentement le long de la pente. En fait, je me suis dit : « Si tu commences à glisser, laisse-toi rouler le long de la colline et saisis-toi du bosquet chaparral (que vous voyez sur l’image ci-dessus) ».

J’ai aperçu une magnifique purshie tridentée (un arbuste), mais celle-ci se trouvait à environ 60 cm (2 pi) du bord d’une falaise de 700 m (2 000 pi). La hauteur ne m’a jamais gêné, mais le chemin vers l’arbuste était composé de schiste argileux blanc sur une pente descendante. Tout a bien fonctionné et j’ai alors commencé à descendre jusqu’à la purshie tridentée; je me tenais sur une section aplanie de schiste argileux à peu près à 1 m (3 pi) de la paroi du canyon. Comme vous le voyez, la lumière était suffisante; le vent s’est calmé et j’ai pris ma photo.

À ce moment, je me devais de remonter la pente. Je me suis remis à penser à la meilleure façon de remonter la colline et j’ai commencé à remonter sur le chemin de schiste argileux (de la même façon que j’y étais descendu). Lorsque je suis arrivé près du haut de la colline (à environ 1,50 m [5 pi] de la bordure du ravin), mon pied droit a glissé. J’ai instinctivement placé tout mon poids sur ma jambe gauche et j’ai commencé à pousser aussi fort que possible. Mon pied est resté fermement au sol et, après deux pas, alors que mon rythme cardiaque s’accélérait, j’ai ressenti une poussée d’adrénaline et je suis parvenu à remonter.


J’ai alors réalisé ce qui s’était presque passé et j’ai décidé qu’il était temps de m’asseoir et de commencer à prier. J’ai regardé vers le bas de la pente et j’ai réalisé que j’avais pris une très mauvaise décision (stupide, en fait). Si mon pied gauche avait glissé, il n’y aurait rien eu pour arrêter ma chute et la glissade aurait certainement été fatale.

Ensuite, la gravité de l’incident m’a frappé et, comme après chacun de mes mauvais choix, je me suis dit : « Qu’est-ce qui t’est passé par la tête? Tu as une épouse et deux fils à la maison! La prise de cette photo valait-elle la peine de risquer ta vie? Tu n’es plus un enfant… »

Ce qui m’a le plus gêné fut la réalisation que ce n’était pas la première fois que j’avais pris une mauvaise décision avant de prendre une photo. C’est comme si je réagissais sans penser aux conséquences. Je ne suis pas certain de la raison pour laquelle j’agis de cette façon : j’ai eu de la chance plusieurs fois, mais il est certain que cette chance ne durera pas éternellement.

Je pense que je partage cette histoire avec vous davantage pour vous expliquer ce qu’il ne faut pas faire. Je sais que, personnellement, je dois considérer l’ensemble de la situation et oublier certaines photos. Nous avons tous un certain niveau de confort lorsque nous sommes dans la nature et il faut être raisonnable. J’espère que vous serez raisonnable et que vous ne risquerez pas votre vie pour prendre une photo. D’une façon ou d’une autre, il faut que j’apprenne à être plus raisonnable avant qu’il soit trop tard.

Source: Don Smith Photography
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