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Une question de perspective : Continuez de bouger

Une question de perspective : Continuez de bouger

Une question de perspective : Continuez de bouger

Chaque fois que je me trouve dans un nouvel emplacement (comme je l’ai fait en octobre 2015 au phare Nubble à Cape Neddick, dans le Maine), je remarque quelque chose : je tends à travailler de manière tout à fait différente de celle de 90 % des autres photographes à ces endroits. Ce que je veux dire par là c’est que la plupart des photographes visitent ces endroits pittoresques et d’une beauté profonde et font ce que j’appelle « se percher ». Ils se trouvent une place, ils la revendiquent comme si elle leur appartenait, et ils restent là du lever jusqu’au coucher du soleil.

Moi, par contre, je suis partout. Je veux trouver les 3 à 5 meilleures compositions dans un endroit donné et je les photographie toutes dans un effort visant à trouver la meilleure composition absolue. Je le fais en me déplaçant constamment. Je scrute la zone et je prends des notes mentales dans ma tête, en me mettant à la recherche de tous les angles. Ensuite, je classe, quoiqu’inconsciemment, ces angles et je me dirige vers le plus attrayant. Quand je me rends à un endroit, je prends un cliché et j’examine ensuite l’image pour la déconstruire. Est-ce le meilleur angle absolu ou devrais-je déplacer l’appareil photo? De là, je vais plus près du sol, je me déplace à gauche ou à droite, ou je change d’objectifs, le cas échéant. Parfois, ces changements sont importants et parfois, il s’agit simplement de bouger de quelques centimètres.

Cette composition du phare Nubble n’était pas ma première ni ma deuxième composition du matin. C’était ma cinquième. Et pour aller plus à fond, il ne s’agissait même pas de ma première composition à cet endroit précis. Il s'agissait plutôt de ma troisième.

Au début, j’avais remarqué la fissure ou l’ouverture dans les rochers et j’avais remarqué la façon dont elle pouvait conduire l’œil du spectateur vers le phare. J’ai pris la photo sur le côté avec les pattes du trépied presque entièrement étendues, mais j’ai remarqué (après examen de l’image) que j’étais en position trop élevée. Je ne pouvais pas voir toute la verdure sur les rochers du bas et la fissure ne se démarquait pas assez dans la scène. J’ai alors replié mon trépied bas pour m’abaisser et j’ai pris un autre cliché. Pourtant, quelque chose n’allait pas. Enfin, j’ai décidé que mon trépied avait besoin de faire d’un peu de yoga et j’ai chevauché l’ouverture dans les rochers avec les pattes du trépied pour que je puisse me positionner aussi bas que possible sur l’ouverture réelle dans les rochers. Quand j'ai pris cette photo, je savais que c’en était une gagnante.

La leçon ici est qu’après des centaines de milliers d’expositions, je ne me positionne pas encore simplement devant une scène pour trouver immédiatement la meilleure composition. Je suis constamment en mouvement. Mon cerveau tourne à plein régime et je décompose frénétiquement les images (dans ma tête) en prenant des décisions sur chaque prise de vue et chaque composition.

Cette photo du phare de Nubble a été prise avec un appareil photo α7 de Sony et un objectif FE 16 à 35 mm F4 ZA OSS de Sony à 16 mm. L’exposition était de 30 secondes à f/8, ISO 160.

Voyez plus de photos de James Brandon et inscrivez-vous à ses ateliers au site : jamesb.com.

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